En s'interessant au futur de l'homme, on peut facilement tomber sur le mouvement transhumaniste. Si ce mot ne vous dit rien, nous allons faire quelques rappels.

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Pour faire simple, le transhumanisme est un courant de pensée estimant que l'homme va pouvoir prendre en main son évolution par le biais des technologies. Les transhumanistes estiment que le progrès engendré par l'homme lui permettra de mettre au point des technologies lui permettant de combattre ses faiblesses : vieillesse, maladie, famine, misère sociale ou encore la mort.
Une sorte de doux rêve, un monde idyllique où santé et sécurité ne sont plus des problèmes, où tout le monde est beau et gentil. Mais cela va encore plus loin. En effet, quelle genre de solution peut-on imaginer pour combattre ces faiblesses ? Eh bien, c'est de ne plus avoir de corps ! L'homme sera dans le futur un être désincarné, il ne sera que pur esprit, vagabondant dans des univers qu'il aura créé lui même. Compenser tous les besoins pour lesquels se bat aujourd'hui l'homme, il ne lui restera donc que son temps libre. L'homme (ou ce qu'il deviendra) sera en week-end de façon permanente...

Mais avant d'atteindre cette utopie, l'homme doit commencer par se corriger. Vous l'aurez deviné, si l'on parle de contrôle d'évolution, on soulève instantanément des enjeux éthiques et moraux qui en choqueraient plus d'un dans notre société actuelle !


Le transhumanisme reste avant tout une philosophie et non une doctrine. Les transhumanistes ne cherchent pas à changer eux-même le monde, ils prédisent que le monde va changer ainsi. Et c'est là que cela devient intéressant, car la vision, bien que très prospective, reste plausible !


Prenons un exemple concret : L'image d'un homme fait à la fois de chaire et de technologie revient souvent dans le milieu transhumaniste. En un mot, un cyborg. D'un côté nous avons des personnes handicapées à qui il manque des membres, et de l'autre, des entreprises proposant des prothèses plus ou moins robotisées ; vous avez votre premier cyborg. Alors oui, on vient greffer cette prothèse pour compenser un membre qui n'existe pas ou plus. On n'est toujours pas dans une réelle modification volontaire soulevant des enjeux éthiques !
Mais prenons la conquête de l'espace. Il est prouvé que l'absence de pesanteur entraîne des complications au niveau du corps humain. Un ensemble de symptôme se développe et des problèmes anatomiques apparaissent. Ajoutons à cela des expéditions sur Mars de prévu, sous-entendant un long voyage à travers l'espace. Pour pouvoir maintenir le corps humain au travail durant ces longues périodes dans l'espace, on peut envisager la modification volontaire de membre avec des prothèses robotiques. Nous venons de fabriquer un cyborg alors que le corps était sein de base. Voila comment, en mon sens, le transhumanisme est plausible avec ce genre de scénario.


Bien entendu, je ne dis pas qu'il s'agit de LA solution, mais j'estime que leur vision possède une certaine crédibilité qui, en tant "qu'explorateur du prospectif", mérite que l'on explore, que l'on s'inspire ou du moins que l'on en parle, car le problème viendra se poser un jour ou l'autre.

 

Il sera peut-être difficile d'être convaincu par ces quelques lignes, mais nous aurons l'occasion, je pense, de revenir plusieurs fois sur le cas du transhumanisme. Il faudrait écrire un livre pour en couvrir tous les aspects. Par ailleurs, si cela vous intéresse, vous pourrez trouver d'excellents essais sur le posthumanisme (et par extension le transhumanisme). Un bon point de départ est Demain, les posthumains, de Jean-Michel Besnier.
Sinon, un bon documentaire traitant des enjeux du futur de l'homme : Survivre au Progrès.

 

 

Pierre-Louis Marquet